porta
Daniela Iaria, "Attraverso la porta bianca-fiume", 39x41 cm, 2004.
mardi 6 juillet 2010
Florinda Fusco
il risveglio…
***
le réveil , , , , , , , , et puis réunir les pieds
(il ne faut jamais réunir les pieds, les pieds ne portent pas la croix)
se lever ou ne pas bouger tourner la tête attendre que la pointe de lumière
tombe sur le front attendre avec les mains attendre que le ciment
arrête le pied , , , , que l'eau immobilise l'eau
je vois le jour , , , , c'est le jour à marcher sans pauses
le réveil , , , , , la respiration pour combler le jour , , , , soulever la tête
difficile de se lever car difficile de se lever
, , , le jour s'est ouvert , , , , , , le sol s'est ouvert , , , , , la terre est légère
la poule qui court ne doit pas se cacher
pouvoir courir sans personne , , , , , , la poule qui court ne doit pas se cacher
pouvoir courir avec son propre corps
, , , , , , , , avoir un corps
***
je ne sais pas où se jettera ce fleuve énorme de goudron
avec des boîtes de pinces à linge des dentifrices si ma tête contre
la tienne deviendra une noire souris qui couine ou des sandales
en bois qu'on achète au marché et quand tu utilises les voyelles
comme voyelles et les neurones suivent tes coups quand tu te cognes contre
mon thorax qui se dresse doucement comme un fer et quand la
coque est infermable et tu promets qu'arriveront les dromadaires et
tu racontes que dans les escaliers je trouverai le roi avec mes vêtements d'hiver
sur les bras
je ne sais pas à présent quel est le terrain je ne sais si la coque
sera dure ou marchera doucement comme le pied
les enflures aux genoux
quel est le trône ? quel trône était-ce ? et le don se donne ? ou tout existe
dans la digue dans le filet et dans la laine , , , , dans le matelas de la décharge
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , dans la couverture avec du terreau l'insecte
cogne encore contre le doigt la note est dans les trois clés le duvet a poussé le ,
,, , , , , , , , , , ,, ,, , , , ,,, ,, , ,, , ,, , , , , , , , , , , , , , , , , sang bat dans le pied
je ne vais pas
,,,,, ,, , ,, ,, ,, ,,,, ,,, ,, ,, , ,,,, ,, ,, ,, , , ,...,,,, , , ,, , , , , , , , , © les auteurs et CIRCE
jeudi 3 juin 2010
Alberto Pellegatta
Alberto Pellegatta est né à Milan en 1978. Ses poésies ont été publiées dans de nombreuses revues ainsi que dans l'anthologie de Mario Santagostini I poeti di vent’anni (Stampa, Varese 2000), dans celle de Maurizio Cucchi Nuovissima poesia italiana (Garzanti) et dans Almanacco dello specchio (Mondadori 2008). Il a obtenu le Prix National de Poésie de la Ville de Meda en 2002 et le Prix Amici de Milan en 2002. Il traduit depuis l'espagnol et collabore à des revues. Parmi ses publications, citons Paratassi (Edb Edizioni Milano) et Mattinata larga (Lietocolle, Faloppio 2002).
,,,,,
Oxydation des étoiles sur les rails.
Tu es d'une espèce adaptée
tu montres le côté le plus fier du conflit
les ruines sordides, les impuretés délicieuses.
Origine des formules, typhon ou lubie,
toi, ange révoqué.
de : Paratassi (Edb Edizioni Milan 2007) et Nuovissima poesia italiana (Mondadori 2004)
*
Salon des Refusés
Les allusions onctueuses des saints
révèlent un zodiaque de chambres.
Le paysage fond dans le gris
et la ruine a aboli le soleil,
les collines ressemblent à un cerveau.
Touches, modules du sommeil. Prisons
et cordes.
de : Almanacco dello specchio Mondadori (2008)
*
Primo Premio Biennale Cetonaverde Poesia – Prima edizione :
S'abandonne, sans poids ni âme
à l'eau acrylique.
Fait le mort, tandis que le fond
ignore les carpes et les chats, se dégonfle
et ces rives inhalent
un paysage d'oxyde et d'étoiles
(de la piscine au bois, à la chambre à coucher, amour)
Ainsi il s'enfonce dans le corps naturel
et le vert circule en lui,
glissant et secret.
Les échelles débordent sur le pré musical
et le soleil ne sert plus à rien.
Le chant, inquiet, suit une grammaire
primitive, végétale.
Ce projet ne prévoit pas d'avenues,
de cadrans, ni de métros
mais des horizons allergiques et des lumières flexibles.
© les auteurs & CIRCE
dimanche 2 mai 2010
Mario Benedetti
- La voix de Mario (interview Luigia Sorrentino, 2012)
Peintures noires sur papier
Couleurs 10
, , , , , , , , , , , , , , , , , mère
Et de tes feuilles vient la vie,
des feuilles vues sur le mur que tu regardes.
Et rien n'est ici de tout cela ce soir.
Oh les années que tu as et que j'ai.
Longue, ma vie ne l'est pas, autant que la tienne.
Ce qui reste, après avoir parlé, est là.
Non pas quelqu'un. Quels arbres c'étaient,
main et nervures, douces, fraîches.
Où es-tu ? maison sur le fond, ferme et tremblant,
dans la couleur blanche du soir en décembre.
Larmes 6
Et aussi les fleurs, le portail
de la cour, ouvert. Les voix
vers le ciel rose, des noms,
du hasard. Comme des hivers
ces yeux, grands, ouvraient
aux printemps. Notre ombre
qui les pleurait. Là, toujours,
rapprochés, herbe, les belles-de-nuit.
Des yeux qui retenaient des yeux,
notre ombre qui les pleurait.
[Chap. 8 : 6]
Depuis la nuit le matin la nuit,
pantalons verts, pantalons bleus,
le noir, le bleu clair, le cuivré, tout.
Parce que n'est plus un mot.
Les mers, les routes sont des maisons
et les maisons, des routes et des mers.
La pierre s'enfonce sans la corde autour du cou.
Affleurent en cercles les mots sur ses lèvres.
Mais peu importe, peu importe.
Quelques voyelles, le long du visage blanc
et noir, de cheveux, sa lumière.
Effondrée sur un côté. Recroquevillée.
Derrière toi, et devant, au delà, il n'y a rien.
,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,de: Pitture nere su carta, Milan, Mondadori, 2009
,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, , , , , , , , , , , ,,,,,,,,,,,,,,,, (© les auteurs et CIRCE)
jeudi 1 avril 2010
Massimo Sannelli
, , , , , , ,,,, , , , , , , , , , nessuna gaia Genova è sotto, ma dispone
, , , , , , , ,,,, , , , , , , , , la sua barbarie; quella è veduta, l'altra è
, , , , , , , , , ,,,, , , , , , , ancora ingenua...
aucune Gênes allègre n'est dessous, mais elle dispose
sa barbarie ; celle-là est en vue, l'autre est
encore innocente. le temps revient. la ville est
verticale et belle : les arpèges de la culture
cherchent la hauteur, comme ci-dessus : ceux qui vivent,
ainsi appelés, occupent décemment l'endroit,
tout de ciel : la distance est d'un potager proche
et la mer : pour la douceur de ce mois, chaque
neige tombant du ciel, chaque neige. Fait soupirer, le pain ;
cette tempe martèle, la nôtre, à cause de la fièvre ;
l'odeur réveille aujourd'hui : réjouis-toi de gagner
maintenant, suis le courant : et aujourd'hui le sentiment est
dénoué, - on dirait le mois de mai, l'été presque - aileron
de dauphin, qui volait; il parle de ce lieu
naturel, où est Narcisse. Ou bien sa liesse
dans la pensée, et la pitié représentée en un
cercle humain : le présent qui soutient,
si ce n'est pas une victoire, à pleines mains. Le papier chante :
fin, une idée de blanc, fine, et de la cellule le ciel.
, , , , , , , , ,dde : Antivedere (Genova, Quaderni di Cantarena, 2003)
, , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , ,, , , , ,, , , , , , © les auteurs et CIRCE
mercredi 3 mars 2010
Tiziana Colusso
[Inédit]
à la nage dans le vide
I.
et puis tout enfin est vanité ou bien vacuité – vanitas, vacuum,
éloge du renoncement, de la raréfaction – tout est une salubre
cérémonie des adieux au trop plein de pensées valises rencontres
matière du monde – inaperçu des microcéphales terrestres l’univers
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , se raréfie
comme un gâteau trop levé. Les molécules fuient les unes des autres,
exponentielles, on fait de la place au souffle dans le vide qui
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , calmement inexorable
répartit les électrons, les pages, les occasions
[…]
IV.
Et falta le clapotis liquide des vasques bleues vertes orange dans
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le jardin
de la Grande Mosquée, des eaux que j’imagine murmurer
en español, malgré l’emplacement parisien, mémoires mauresques
de l’Alhambra peut-être, ou bien mémoires involontaires d’un
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,linguisme biologique
plus que logique : la voz de l’agua, corriente su las silabas rotundas
de la lengua española et sur les galets rêches et doux à la fois d'une
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,langue arabe
fantasmée lors d’anciens entretiens amoureux ici même, à Paris,
mais voici que tout cela n’a plus d’importance, dans le rêve juste un
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , détail
devient gigantesque : et c’est l’absence déchirante de l’eau, que
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , falta de murmurar
dans ces vasques entartrées, par économie ou paresse qui sait, ou
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , fin de,saison
(on ne dirait pas, mais octobre pèse déjà sur les feuilles) et le vol
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,liquide
s'arrête, élan perdu, au bord de la vasque, se replie le rêve
comme les ailes d’un paon qui depuis des millénaires désormais a
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , ,renoncé à la danse
du vol, suspendu entre la matière vivante
d’oiseau et la matière morte de statue, dans l’attente d’une
, , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , autorisation
à décoller.
,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, , ,,,,,,,,,© les auteurs & CIRCE
a nuoto nel vuoto
(ined.)
I.
poi tutto finalmente è vanità o forse vacuità - vanitas, vacuum,
elogio della rinuncia, della rarefazione – tutto è una salubre
cerimonia degli addii dal troppo pieno di pensieri valigie incontri
materia del mondo – inavvertito ai microcefali terrestri si rarefa
, , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , ,, ,, ,, , ,, , , , l’universo
come una torta troppo lievitata, le molecole fuggono le une dalle
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , ,,, , , ,, , , , , , , altre,
esponenziali, si fa spazio al respiro nel vuoto che quietamente
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , ,inesorabile
spartisce gli elettroni, le pagine, le occasioni
IV.
E falta il gorgoglio liquido delle vasche blu verdi arancio nel jardin
de la Grande Mosquée, acque che immagino mormorare
in español, nonostante l’ubicazione parigina, memorie moresche
dell’Alhambra forse, ou bien mémoires involontaires di un linguismo
, , , , , , , , , , , , , , , , ,, ,,, , ,, , , , ,, , , , , , , , , , biologico
più che logico: la voz de l’agua, corriente su las silabas rotundas
de la lengua española e sui ciottoli ruvidi e insieme dolci di una
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,lingua araba
trasognata in antichi conversari amorosi proprio qui, à Paris,
ma ora tutto questo non importa più, nel sogno un dettaglio soltanto
diventa gigante: ed è l’assenza struggente dell’acqua, que falta de,
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , ,, , , , , , ,murmurar
in queste vasche incrostate, per risparmio o pigrizia chissà o fine di,
, , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , ,, ,, , , , , , , , , , stagione
(non sembra, ma ottobre appesantisce già le foglie) e il volo liquido
s’arresta senza più slancio a bordo vasca, si ripiega il sogno
come ali di un pavone che da millenni oramai ha rinunciato alla danza
del volo, sospeso tra la materia vivente
d’uccello e la materia morta di statua, in attesa di un’autorizzazione
a decollare.
mercredi 3 février 2010
Gherardo Bortolotti
, , ,e come segni, incisi su pietra, di una storia
01. comme de longues, maigres chaînes de molécules, étendues a travers les épaisseurs interminables de l’air, qui éloignent, les après-midi d’été, au long de l’ordre des secondes de l’année, les meubles dans la pénombre, comblant les espaces, que nous laissons derrière nous, alors que les jours, qui se défont en notes incomplètes, en dessins ratés, en discours qui finissent en presque rien
02. pas plus que les nuages, que leurs formes, parmi les courants, qui animent le ciel, l’air, ce qui nous sépare des autres, d’en haut, qui conclut sa propre ouverture par là où
03. et comme des signes, gravés sur pierre, d’une histoire
06. comme des bruits qui traversent la nuit, ton appartement, en écartant les idées que tu as offertes à ta veille, sur les chaises du salon, le long du couloir de l’entrée
07. comme un verre sur la surface de la table blanche, et l’eau versée à ses pieds, à peu près le long de la circonférence, à part quelques gouttes, isolées, comme l’effet d’ensemble d’une trouvaille géniale, celle de la tension superficielle, celle de l’attraction entre les particules du liquide qui ressentent la fascination préconsciente de la forme et l’horreur, le misérable effroi de la perte d’un plan, pour l’avenir, pour ce qui est en cours et qui ne t’appartient pas
08. pareils à un petit parking excentré, derrière le bâtiment scolaire, au premier crépuscule de l’automne, alors que les adolescents passent en scooter et que, dans les maisons, les adultes se dispensent de parler, en puisant au savoir du journal télé
,© les auteurs & CIRCE
samedi 2 janvier 2010
Rubina Giorgi
Onde, accordature di voce, voci mosse,
ombre, grazie frante, agrezze,
semplici dolcezze, bacche
lingue.
Un raccolto ambiguamente
domestico. Non domestico.
***
Quel paysage deviens-tu en moi :
visages brusques et doux, limites
discrètes et pourtant indiscernables,
vineux, pierreux, suspendus au geste
de chapelles qui ouvrent sur un néant,
de murets qui donnent
sur paroles et paraboles,
un décor du temps : un langage
du blanc rauque de la terre,
de ses créatures anarchiques,
comme le chêne
qui ouvre sur des coulisses amènes
et princières suivant les ordres
par arbitraire, et le champignon
qui transmet tranquillement
au fond de la cathédrale immense
quintessence de monde,
courants d'échos galactiques
de fil en fil dans la couronne
d'herbes microcosmique,
qui blesse de son charme infime
de démon végétal
le chercheur autre aux sens tout éveillés,
à qui reste du monde la seule odeur
d'une absence qui l'enivre.
Ondes, concordance de la voix, voix mouvantes,
ombres, grâces brisées, acerbités,
douceurs simples, baies
langues.
Une récolte à l'ambiguïté
domestique. Non domestique.
Parole
qui semble remémorer, murmurer
d'ancêtres, de guerres, d'alliés ou fourbes
frères, de travaux et de jours :
mais ces travaux et ancêtres
ne sont que l'occasion
qui révèle une trace
bien plus ancienne :
le paysage de la mémoire
le lieu du temps
a l'avantage sur les autres
de pouvoir, soudain
rassemblée contre un muret
ou une paroi précaire
ou un fond de néant,
frissonnante comme un animal débuché,
timide, rendre
un reflet d'éternité,
une saveur, un souffle fff,
un fiat.
, , , , , ,,, , , , de : Poesie dell'inizio del mondo. Premio A. Delfini, Roma, Sossella ed. 2003
, , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , ,© les auteurs & CIRCE
lundi 7 décembre 2009
Giovanna Bemporad
C'est comme un jeu
de vents dans la poussière d’un pré
sans frontières, l’anxiété des vivants…
et au seul mot de jeunesse je sens
se serrer mon coeur comme devant une flamme
qui se résout en cendre.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , De : Aforismi
***
La mer
, , , , , , , , ,(à Gerardo Diego)
Tu délies mes sandales par la dérive
d’une onde : naïade ou nymphéa je me couche
sur ton étincelante, ondulée
chevelure pleine d’ombres, ô mer,
comme si j’étais une déesse libre et nue,
sans harpe ni pupitre, poitrine au vent,
qui, sur un lit d’herbes, à un avenir
d’heureuse paresse s’abandonne…
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , De : Altri esercizi
(édités, avec des variantes d'auteur(e), par Francesco Marotta (blog rebstein.wordpress).)
, , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,© les auteurs et CIRCE
vendredi 13 novembre 2009
Patrizia Vicinelli
Arbre de Judas
Il faudra te racheter, ô nom des noms,
tu es parmi nous avec d’autres noms, et beaucoup
font semblant de ne pas s’en apercevoir.
Que m’importe le nom, si à d’autres noms
tu es lié et qu’ils nous emprisonnent tout comme
aux temps anciens, au temps des pharaons, temps
des pharaons, qu’est-ce qui a changé, ho là,
un beau jardin fait par quelqu’un que je connais,
évidemment on va le lui faire payer
cher, hé, friend, je me souviens, c’est ainsi
depuis un bon bout de ce qu’on appelle temps,
nous, à pic sur les collines désertes on la regardait
la lune, même de certains seuils,
et qui peut l’empêcher, l’homme, d’être ?
non, Judas, toi non plus, avec ton nom mal famé,
précisément le plus pauvre, ta grande petitesse
à présent je l’exalte, et non plus nuire aux autres
mais bien plus qu’à toi-même, si jamais était vrai
ce que les pharisiens rapportent, comme ils font toujours,
je croirais même les journaux, et sûrement
les speakers de la télévision.
Et pourtant, ami douloureux, moi je t’accepte, et je te la
donne, ma bénédiction, le plus négligé d’entre les hommes,
quel destin pitoyable, oh Judas !
Nous, amis sur terre, aimons la nature,
et nous raconter les dernières aventures qui toujours
traitent de la vie, de la vie chaude et enflammée.
Je te raconterai près de l’arbre,
qui te porte, quelque belle histoire d’exquises
trahisons, qui ont porté loin,
qui ont porté loin. Au bout du compte
un destin pitoyable est vraiment préférable, tu le sais,
car ainsi nous avons quelques chances d’être les hommes
que nous sommes, ou alors ce n’est que du vent.
Judas, tu t’es compliqué les choses, on t’a
compliqué les choses, mais il y a quelqu’un, quelque vieux
connaisseur de talents, quelque magicien,
qui sait que paso, à l’ombre du même
jardin que cette nuit.
samedi 10 octobre 2009
Biagio Cepollaro
[ II ]
.....................
maintenant rassemble ce souffle
dense de marais
et dissous-le
dans la lumière…
elle aussi se tourne
et commence à se désagréger
le calendrier
accroché au mur
⎯ nous avons vécu jusque-là
coupés en deux
⎯ il n’y a pas de vie
qui ne couse ensemble
le jour et la nuit…
tout cela nous fatigue
⎯ ce monde
n’est pas fait pour le bonheur
et la barbarie inexorable
avance
à chaque nouvelle dégradation
des coutumes nationales
à la traîne d’un occident
indécis entre extermination
et suicide collectif
distillé
certes avec tout cela on laisse pousser
sa barbe
plus d’un jour et des heures
de sommeil
et la ville dans les yeux
qui se ferment
s’éloigne
[…]
certes tout cela nous fatigue
mais c’est un travail à faire
pas tout seul
⎯ ce n’est pas un travail
à faire tout seul
mais il est à faire
et pas demain
et pas seulement symboliquement
dans les gestes faits à la place
d’autres gestes
mais dans l’action dure
et simple
de ne pas laisser de répit
au cadavre
que nous portons sur nous
*
quand sur les pavés il reste
la vieille peau
nous allons dans les rues
guidés par notre flair
et les lumières sont brouillées
et la ville n’est plus
la même
les odeurs montent des flaques
les restes au milieu de tickets
et de préservatifs dans l’ensemble
des traces
de plastique
de ce qui d’une certaine manière
même sordide
était vivant et que nous
ne pouvons même pas
imaginer
mais c’est au milieu de ce fer
que l’humain
est à développer
ainsi ce matin
qui est un matin de fête
de grève
générale
fêtons ainsi
le mouvement
de l’eau
à la vie on ne peut
demander moins
que d’être vivante
oh oui nous restons saisis
à la vue
de la pente
nous n’aurions jamais
imaginé
que ce qui nous fait sortir
chaque matin
du lit
c’est cette envie
de supprimer la ville
de liquéfier les murs
⎯ comparés à eux
les graffitis
sont encore un ornement.
,, , , , , , , ,, , Lavoro da fare (2002-2005), Poesia Italiana, E-book, 2006.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , ,,, , , , , , , , , , , © les auteurs et CIRCE