porta

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Daniela Iaria, "Attraverso la porta bianca-fiume", 39x41 cm, 2004.
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samedi 15 juin 2019

Nanni Balestrini


Balestrini (Milan 1935 - Rome 2019) poète, romancier, essayiste, artiste plasticien, que nous avons présenté ici même en oct. 2012, s'est éteint il y a un mois exactement à 83 ans. Un troisième tome de ses poésies complètes, Caosmogonia e altro, a paru chez DeriveApprodi en 2018. Le texte qui suit, l'un de ses derniers, écrit en hommage à Amelia Rosselli, n'est qu'une façon de le saluer une dernière fois, en traduction, dans notre souvenir. - Senza Blackout, Nanni!...
JcV 




Variazione con dedica
……………………a… a Amelia Rosselli

sprecare così l’
attimo fuggente
che non finisce mai
dilatato informe

un tuffo del cuore
tubi contorti pulsano
tienilo fermo acchiappalo
affascina belliche

ventose ossessivi
insaziabili oasi
ridono mordi saltandoci
sopra libellula

scivola via azzurri
firmamenti aritmetici
rimbalzano infiniti
istanti sparpagliati

rubinetto inconscio
nell’urto si incendiano
in forma di
non sono stata io




Variation avec dédicace  
à Amelia Rosselli  

gaspiller ainsi l’
instant fuyant
qui ne finit jamais
dilaté informe

un coup du cœur
tubes tordus palpitent
tiens-le ferme attrape-le
fagote de belliqueuses

ventouses obsédants
insatiables oasis
rient mords en lui sautant
dessus libellule

glisse au loin bleus
firmaments arithmétiques
rebondissent d’infinis
instants éparpillés

robinet inconscient
dans le choc prennent feu
en forme de
ça n’a pas été moi




"Nuovi Argomenti" 74, juin 2016.


© CIRCE, et auteurs



samedi 20 octobre 2012

Nanni Balestrini


Nanni Balestrini (Milan, 1935), poète, romancier, artiste plasticien, n’a plus vraiment besoin d’être présenté. Parmi les principaux collaborateurs de la revue Il verri dès ses débuts, inclus dans la célèbre anthologie I Novissimi, membre fondateur du Gruppo 63 et peut-être un des plus radicaux représentant de la Néo-avant-garde Italienne, il avait fait scandale avec ses premières tentatives de poésie électronique dans le recueil Come si agisce (1963). Maître du collage et du montage, à l’origine d’un style épique en mesure d’exprimer les contradictions et les tensions de l’époque contemporaine - dans les romans Vogliamo tutto (1971) ou Sandokan. Storia di camorra (2004), par exemple - il est parmi les rares écrivains qui ont fait preuve d’un engagement constant pour et par la littérature comme en témoigne sa production dès les années soixante jusqu’à son dernier recueil Caosmogonia (2010). Ci-dessus la traduction d’un fragment inédit de son « opéra-poésie » Arianna.  


ARIANNE, 1 

s’effrite magnifiquement
rebondissent infinies

des aubes polluées
accrochées au ciel

à peine creusé
affleurent des espaces

ventouses attrapent
flottent éparpillés

des fragments frais
sur le toit jaune

pages arrachées
mots postiches

coulent dégonflées
douloureuses cigales

résonnent dans les trous
encore habités

laissent passer
seulement peu de lumière

lentement se déroule
la dernière attente

rien plus comme avant
dans la vitre saignent

reste seule la fragile
inutile étincelle

filament suspendu
des percussions éraflent

d’invisibles horizons
est en train de s’en aller

la peau arrachée
ne compte plus rien

enfermés dedans sans
appuyer les mains

sans dents en soufflant
un rythme instable

d’incessantes figures
défilent absentes

avides tentations
tentacules éteints

en croisant les doigts
imitations éphémères

chancelant tu suis
ce qui reste

éperdument en
périmètres de glace

traces délabrées
l’entonnoir du présent

plus bas plus bas
plongeon dans le noir

en remuant en vain
arrêter impossible




© les auteurs et CIRCE