porta
Daniela Iaria, "Attraverso la porta bianca-fiume", 39x41 cm, 2004.
jeudi 1 avril 2010
Massimo Sannelli
, , , , , , ,,,, , , , , , , , , , nessuna gaia Genova è sotto, ma dispone
, , , , , , , ,,,, , , , , , , , , la sua barbarie; quella è veduta, l'altra è
, , , , , , , , , ,,,, , , , , , , ancora ingenua...
aucune Gênes allègre n'est dessous, mais elle dispose
sa barbarie ; celle-là est en vue, l'autre est
encore innocente. le temps revient. la ville est
verticale et belle : les arpèges de la culture
cherchent la hauteur, comme ci-dessus : ceux qui vivent,
ainsi appelés, occupent décemment l'endroit,
tout de ciel : la distance est d'un potager proche
et la mer : pour la douceur de ce mois, chaque
neige tombant du ciel, chaque neige. Fait soupirer, le pain ;
cette tempe martèle, la nôtre, à cause de la fièvre ;
l'odeur réveille aujourd'hui : réjouis-toi de gagner
maintenant, suis le courant : et aujourd'hui le sentiment est
dénoué, - on dirait le mois de mai, l'été presque - aileron
de dauphin, qui volait; il parle de ce lieu
naturel, où est Narcisse. Ou bien sa liesse
dans la pensée, et la pitié représentée en un
cercle humain : le présent qui soutient,
si ce n'est pas une victoire, à pleines mains. Le papier chante :
fin, une idée de blanc, fine, et de la cellule le ciel.
, , , , , , , , ,dde : Antivedere (Genova, Quaderni di Cantarena, 2003)
, , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , ,, , , , ,, , , , , , © les auteurs et CIRCE
mercredi 3 mars 2010
Tiziana Colusso
[Inédit]
à la nage dans le vide
I.
et puis tout enfin est vanité ou bien vacuité – vanitas, vacuum,
éloge du renoncement, de la raréfaction – tout est une salubre
cérémonie des adieux au trop plein de pensées valises rencontres
matière du monde – inaperçu des microcéphales terrestres l’univers
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , se raréfie
comme un gâteau trop levé. Les molécules fuient les unes des autres,
exponentielles, on fait de la place au souffle dans le vide qui
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , calmement inexorable
répartit les électrons, les pages, les occasions
[…]
IV.
Et falta le clapotis liquide des vasques bleues vertes orange dans
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le jardin
de la Grande Mosquée, des eaux que j’imagine murmurer
en español, malgré l’emplacement parisien, mémoires mauresques
de l’Alhambra peut-être, ou bien mémoires involontaires d’un
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,linguisme biologique
plus que logique : la voz de l’agua, corriente su las silabas rotundas
de la lengua española et sur les galets rêches et doux à la fois d'une
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,langue arabe
fantasmée lors d’anciens entretiens amoureux ici même, à Paris,
mais voici que tout cela n’a plus d’importance, dans le rêve juste un
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , détail
devient gigantesque : et c’est l’absence déchirante de l’eau, que
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , falta de murmurar
dans ces vasques entartrées, par économie ou paresse qui sait, ou
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , fin de,saison
(on ne dirait pas, mais octobre pèse déjà sur les feuilles) et le vol
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,liquide
s'arrête, élan perdu, au bord de la vasque, se replie le rêve
comme les ailes d’un paon qui depuis des millénaires désormais a
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , ,renoncé à la danse
du vol, suspendu entre la matière vivante
d’oiseau et la matière morte de statue, dans l’attente d’une
, , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , autorisation
à décoller.
,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, , ,,,,,,,,,© les auteurs & CIRCE
a nuoto nel vuoto
(ined.)
I.
poi tutto finalmente è vanità o forse vacuità - vanitas, vacuum,
elogio della rinuncia, della rarefazione – tutto è una salubre
cerimonia degli addii dal troppo pieno di pensieri valigie incontri
materia del mondo – inavvertito ai microcefali terrestri si rarefa
, , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , ,, ,, ,, , ,, , , , l’universo
come una torta troppo lievitata, le molecole fuggono le une dalle
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , ,,, , , ,, , , , , , , altre,
esponenziali, si fa spazio al respiro nel vuoto che quietamente
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , ,inesorabile
spartisce gli elettroni, le pagine, le occasioni
IV.
E falta il gorgoglio liquido delle vasche blu verdi arancio nel jardin
de la Grande Mosquée, acque che immagino mormorare
in español, nonostante l’ubicazione parigina, memorie moresche
dell’Alhambra forse, ou bien mémoires involontaires di un linguismo
, , , , , , , , , , , , , , , , ,, ,,, , ,, , , , ,, , , , , , , , , , biologico
più che logico: la voz de l’agua, corriente su las silabas rotundas
de la lengua española e sui ciottoli ruvidi e insieme dolci di una
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,lingua araba
trasognata in antichi conversari amorosi proprio qui, à Paris,
ma ora tutto questo non importa più, nel sogno un dettaglio soltanto
diventa gigante: ed è l’assenza struggente dell’acqua, que falta de,
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , ,, , , , , , ,murmurar
in queste vasche incrostate, per risparmio o pigrizia chissà o fine di,
, , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , ,, ,, , , , , , , , , , stagione
(non sembra, ma ottobre appesantisce già le foglie) e il volo liquido
s’arresta senza più slancio a bordo vasca, si ripiega il sogno
come ali di un pavone che da millenni oramai ha rinunciato alla danza
del volo, sospeso tra la materia vivente
d’uccello e la materia morta di statua, in attesa di un’autorizzazione
a decollare.
mercredi 3 février 2010
Gherardo Bortolotti
, , ,e come segni, incisi su pietra, di una storia
01. comme de longues, maigres chaînes de molécules, étendues a travers les épaisseurs interminables de l’air, qui éloignent, les après-midi d’été, au long de l’ordre des secondes de l’année, les meubles dans la pénombre, comblant les espaces, que nous laissons derrière nous, alors que les jours, qui se défont en notes incomplètes, en dessins ratés, en discours qui finissent en presque rien
02. pas plus que les nuages, que leurs formes, parmi les courants, qui animent le ciel, l’air, ce qui nous sépare des autres, d’en haut, qui conclut sa propre ouverture par là où
03. et comme des signes, gravés sur pierre, d’une histoire
06. comme des bruits qui traversent la nuit, ton appartement, en écartant les idées que tu as offertes à ta veille, sur les chaises du salon, le long du couloir de l’entrée
07. comme un verre sur la surface de la table blanche, et l’eau versée à ses pieds, à peu près le long de la circonférence, à part quelques gouttes, isolées, comme l’effet d’ensemble d’une trouvaille géniale, celle de la tension superficielle, celle de l’attraction entre les particules du liquide qui ressentent la fascination préconsciente de la forme et l’horreur, le misérable effroi de la perte d’un plan, pour l’avenir, pour ce qui est en cours et qui ne t’appartient pas
08. pareils à un petit parking excentré, derrière le bâtiment scolaire, au premier crépuscule de l’automne, alors que les adolescents passent en scooter et que, dans les maisons, les adultes se dispensent de parler, en puisant au savoir du journal télé
,© les auteurs & CIRCE
samedi 2 janvier 2010
Rubina Giorgi
Onde, accordature di voce, voci mosse,
ombre, grazie frante, agrezze,
semplici dolcezze, bacche
lingue.
Un raccolto ambiguamente
domestico. Non domestico.
***
Quel paysage deviens-tu en moi :
visages brusques et doux, limites
discrètes et pourtant indiscernables,
vineux, pierreux, suspendus au geste
de chapelles qui ouvrent sur un néant,
de murets qui donnent
sur paroles et paraboles,
un décor du temps : un langage
du blanc rauque de la terre,
de ses créatures anarchiques,
comme le chêne
qui ouvre sur des coulisses amènes
et princières suivant les ordres
par arbitraire, et le champignon
qui transmet tranquillement
au fond de la cathédrale immense
quintessence de monde,
courants d'échos galactiques
de fil en fil dans la couronne
d'herbes microcosmique,
qui blesse de son charme infime
de démon végétal
le chercheur autre aux sens tout éveillés,
à qui reste du monde la seule odeur
d'une absence qui l'enivre.
Ondes, concordance de la voix, voix mouvantes,
ombres, grâces brisées, acerbités,
douceurs simples, baies
langues.
Une récolte à l'ambiguïté
domestique. Non domestique.
Parole
qui semble remémorer, murmurer
d'ancêtres, de guerres, d'alliés ou fourbes
frères, de travaux et de jours :
mais ces travaux et ancêtres
ne sont que l'occasion
qui révèle une trace
bien plus ancienne :
le paysage de la mémoire
le lieu du temps
a l'avantage sur les autres
de pouvoir, soudain
rassemblée contre un muret
ou une paroi précaire
ou un fond de néant,
frissonnante comme un animal débuché,
timide, rendre
un reflet d'éternité,
une saveur, un souffle fff,
un fiat.
, , , , , ,,, , , , de : Poesie dell'inizio del mondo. Premio A. Delfini, Roma, Sossella ed. 2003
, , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , ,© les auteurs & CIRCE
lundi 7 décembre 2009
Giovanna Bemporad
C'est comme un jeu
de vents dans la poussière d’un pré
sans frontières, l’anxiété des vivants…
et au seul mot de jeunesse je sens
se serrer mon coeur comme devant une flamme
qui se résout en cendre.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , De : Aforismi
***
La mer
, , , , , , , , ,(à Gerardo Diego)
Tu délies mes sandales par la dérive
d’une onde : naïade ou nymphéa je me couche
sur ton étincelante, ondulée
chevelure pleine d’ombres, ô mer,
comme si j’étais une déesse libre et nue,
sans harpe ni pupitre, poitrine au vent,
qui, sur un lit d’herbes, à un avenir
d’heureuse paresse s’abandonne…
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , De : Altri esercizi
(édités, avec des variantes d'auteur(e), par Francesco Marotta (blog rebstein.wordpress).)
, , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,© les auteurs et CIRCE
vendredi 13 novembre 2009
Patrizia Vicinelli
Arbre de Judas
Il faudra te racheter, ô nom des noms,
tu es parmi nous avec d’autres noms, et beaucoup
font semblant de ne pas s’en apercevoir.
Que m’importe le nom, si à d’autres noms
tu es lié et qu’ils nous emprisonnent tout comme
aux temps anciens, au temps des pharaons, temps
des pharaons, qu’est-ce qui a changé, ho là,
un beau jardin fait par quelqu’un que je connais,
évidemment on va le lui faire payer
cher, hé, friend, je me souviens, c’est ainsi
depuis un bon bout de ce qu’on appelle temps,
nous, à pic sur les collines désertes on la regardait
la lune, même de certains seuils,
et qui peut l’empêcher, l’homme, d’être ?
non, Judas, toi non plus, avec ton nom mal famé,
précisément le plus pauvre, ta grande petitesse
à présent je l’exalte, et non plus nuire aux autres
mais bien plus qu’à toi-même, si jamais était vrai
ce que les pharisiens rapportent, comme ils font toujours,
je croirais même les journaux, et sûrement
les speakers de la télévision.
Et pourtant, ami douloureux, moi je t’accepte, et je te la
donne, ma bénédiction, le plus négligé d’entre les hommes,
quel destin pitoyable, oh Judas !
Nous, amis sur terre, aimons la nature,
et nous raconter les dernières aventures qui toujours
traitent de la vie, de la vie chaude et enflammée.
Je te raconterai près de l’arbre,
qui te porte, quelque belle histoire d’exquises
trahisons, qui ont porté loin,
qui ont porté loin. Au bout du compte
un destin pitoyable est vraiment préférable, tu le sais,
car ainsi nous avons quelques chances d’être les hommes
que nous sommes, ou alors ce n’est que du vent.
Judas, tu t’es compliqué les choses, on t’a
compliqué les choses, mais il y a quelqu’un, quelque vieux
connaisseur de talents, quelque magicien,
qui sait que paso, à l’ombre du même
jardin que cette nuit.
samedi 10 octobre 2009
Biagio Cepollaro
[ II ]
.....................
maintenant rassemble ce souffle
dense de marais
et dissous-le
dans la lumière…
elle aussi se tourne
et commence à se désagréger
le calendrier
accroché au mur
⎯ nous avons vécu jusque-là
coupés en deux
⎯ il n’y a pas de vie
qui ne couse ensemble
le jour et la nuit…
tout cela nous fatigue
⎯ ce monde
n’est pas fait pour le bonheur
et la barbarie inexorable
avance
à chaque nouvelle dégradation
des coutumes nationales
à la traîne d’un occident
indécis entre extermination
et suicide collectif
distillé
certes avec tout cela on laisse pousser
sa barbe
plus d’un jour et des heures
de sommeil
et la ville dans les yeux
qui se ferment
s’éloigne
[…]
certes tout cela nous fatigue
mais c’est un travail à faire
pas tout seul
⎯ ce n’est pas un travail
à faire tout seul
mais il est à faire
et pas demain
et pas seulement symboliquement
dans les gestes faits à la place
d’autres gestes
mais dans l’action dure
et simple
de ne pas laisser de répit
au cadavre
que nous portons sur nous
*
quand sur les pavés il reste
la vieille peau
nous allons dans les rues
guidés par notre flair
et les lumières sont brouillées
et la ville n’est plus
la même
les odeurs montent des flaques
les restes au milieu de tickets
et de préservatifs dans l’ensemble
des traces
de plastique
de ce qui d’une certaine manière
même sordide
était vivant et que nous
ne pouvons même pas
imaginer
mais c’est au milieu de ce fer
que l’humain
est à développer
ainsi ce matin
qui est un matin de fête
de grève
générale
fêtons ainsi
le mouvement
de l’eau
à la vie on ne peut
demander moins
que d’être vivante
oh oui nous restons saisis
à la vue
de la pente
nous n’aurions jamais
imaginé
que ce qui nous fait sortir
chaque matin
du lit
c’est cette envie
de supprimer la ville
de liquéfier les murs
⎯ comparés à eux
les graffitis
sont encore un ornement.
,, , , , , , , ,, , Lavoro da fare (2002-2005), Poesia Italiana, E-book, 2006.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , ,,, , , , , , , , , , , © les auteurs et CIRCE
jeudi 10 septembre 2009
Marco Giovenale
La maison exposée
Quand il n’y a plus de haies
se déverse la photo des haies.
Témoin, rends le sceau authentique,
fonds la cire. (Depuis le soleil).
Argument et destination.
Mais vers le mur des deux brûlés
sous le chemin de ronde du haut
qui incurve le lierre, potus, l’olivier, trop large
pour l’enlacer, rappelle à l’odorat la trace
humide, les croix de la cage-fenêtre
telles qu’observées par la vitre verte, grasse
alors que peu nombreuses étaient les années du corps
les années du commencement
- là, la cuisine grandit au souvenir
mais la poussière la disperse, la diffuse.
Ce matin cela entre, fait retour avec les langues
de mémoire. Dans le noir des murailles, dans le violet
qui force ou effleure des serrures puis des poutrelles
horizontales de fer, à vide. Il entend
Alors tout sera bien quand nous
qui avons habité (aimé) ici
nous serons tous des noms morts
nous serons tous depuis nos propres
graines – ultime accomplissement –
parfaitement finis, sans restes
dans personne qui aurait
– même non reflétée – quelque parole
[…]
ils n’entrent plus, tout changé, était changé, n’y habitent pas

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , de: La casa esposta, Le Lettere, 2007
, , , , , ,, , , , , , , , , , , , ,, ,, , , , ,, , , , , , , , © les auteurs et CIRCE
dimanche 2 août 2009
Ernesto Calzavara
Certains poètes présentés par CIRCE écrivent aussi dans leurs dialectes respectifs (langue ou dialecte, ici, ne fait pour nous aucune différence). Suivant quelques principes dont on peut se faire une idée en allant dans notre site (art. en ligne "Traduire, une pratique-théorie", avec un ex. d'application à E. De Signoribus), nous en proposons parfois des versions françaises.
S’il n’y avait pas
, , , , , , , , , , , , , , , , , , Se no ghe fusse...
Le chien marche sur les galets.
S'il n’y avait pas le chien
entre moi et les galets
je ne comprendrais pas ce monde, moi
je ne comprendrais pas.
Les poissons nagent dans l’eau
l'eau passe à travers les poissons
les oiseaux volent dans l’air
l’air les traverse...
S’il n’y avait pas les poissons
s'il n’y avait pas les oiseaux
entre l’eau et moi
entre l’air et moi
je ne pourrais pas vivre ici, moi
je ne pourrais pas.
S’il n’y avait pas d’animaux
dans ce désert
je n’y resterais pas, moi
je n’y resterais pas.
, , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , , de : Analfabeto (1979)
, , , , , , , , , , , , , , ; (trad. du trévisan : Lucrezia Chinellato & Sarah Ventimiglia)
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , ,, , , , , , , , , , , , , ,© les auteurs et CIRCE
lundi 6 juillet 2009
Ernesto Calzavara
Parmi ses recueils : Poesie dialettali (1960), Parole mate Parole pòvare (1966), Analfabeto (1979), Le ave parole (1984), Rio terrà dei pensieri (1996). Des résultats indiscutables de sa poésie ont été réunis chez Garzanti, sous le titre Ombre sui veri (1989).
Le chien et le cercle
Le chien aboyait au volume
de l’hôpital nocturne monobloc
qui lui tombait dessus, l’irritant
La masse hébergée
élargie comprimée déchirée
étendue refermée entrouverte
accordéon de pierre
laissait sortir des soupirs malades
par d’asymétriques trous bouches fenêtres
Le chien mordait absorbait dans l’air liquide
ces faibles sons
anonymes infirmes souffles sourds
douleurs englouties
Puis à la lune étrangère
puis au halo de la lune allusive
abrasive, il aboyait furieux
et le CERCLE
, , , O
plus large plus large parfait
des dilatations vocales
équivalait toujours à l’autre
halo vague là-haut dans les cieux
sans l’atteindre jamais.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , de : Le ave parole (1984)
La morte del giorno in paese
La mort du jour au village
Et les hommes fatigués de souffrir
tuèrent sur les routes
le Cochon du Jour
suspendu par les jambes
d’une maison à l’autre
la tête en bas.
La bête avant de mourir
avait hurlé le gosier en sang
toutes les rages de cette sale vie
en détruisant fleurs et feuilles.
Les hommes arrachèrent
de son ventre déchiré
les graines de la nuit
en les éparpillant tout autour
ils se retirèrent dans les briques et les ciments.
Après le dernier souffle
sur la dépouille du dieu-cochon
d’en haut se déroulèrent
les fils du silence.
Des scarabées noir et or
escaladèrent
les cerneaux d’oreilles.
L’âme de la lumière se rendit à celle de l’ombre.
Vagues de sommeil
marée montante
par-dessus tout.
Dans l’obscurité le chuchotement
des Invisibles.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , de : Analfabeto (1979)
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , © les auteurs et CIRCE