porta
Daniela Iaria, "Attraverso la porta bianca-fiume", 39x41 cm, 2004.
lundi 7 décembre 2009
Giovanna Bemporad
C'est comme un jeu
de vents dans la poussière d’un pré
sans frontières, l’anxiété des vivants…
et au seul mot de jeunesse je sens
se serrer mon coeur comme devant une flamme
qui se résout en cendre.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , De : Aforismi
***
La mer
, , , , , , , , ,(à Gerardo Diego)
Tu délies mes sandales par la dérive
d’une onde : naïade ou nymphéa je me couche
sur ton étincelante, ondulée
chevelure pleine d’ombres, ô mer,
comme si j’étais une déesse libre et nue,
sans harpe ni pupitre, poitrine au vent,
qui, sur un lit d’herbes, à un avenir
d’heureuse paresse s’abandonne…
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , De : Altri esercizi
(édités, avec des variantes d'auteur(e), par Francesco Marotta (blog rebstein.wordpress).)
, , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,© les auteurs et CIRCE
vendredi 13 novembre 2009
Patrizia Vicinelli
Arbre de Judas
Il faudra te racheter, ô nom des noms,
tu es parmi nous avec d’autres noms, et beaucoup
font semblant de ne pas s’en apercevoir.
Que m’importe le nom, si à d’autres noms
tu es lié et qu’ils nous emprisonnent tout comme
aux temps anciens, au temps des pharaons, temps
des pharaons, qu’est-ce qui a changé, ho là,
un beau jardin fait par quelqu’un que je connais,
évidemment on va le lui faire payer
cher, hé, friend, je me souviens, c’est ainsi
depuis un bon bout de ce qu’on appelle temps,
nous, à pic sur les collines désertes on la regardait
la lune, même de certains seuils,
et qui peut l’empêcher, l’homme, d’être ?
non, Judas, toi non plus, avec ton nom mal famé,
précisément le plus pauvre, ta grande petitesse
à présent je l’exalte, et non plus nuire aux autres
mais bien plus qu’à toi-même, si jamais était vrai
ce que les pharisiens rapportent, comme ils font toujours,
je croirais même les journaux, et sûrement
les speakers de la télévision.
Et pourtant, ami douloureux, moi je t’accepte, et je te la
donne, ma bénédiction, le plus négligé d’entre les hommes,
quel destin pitoyable, oh Judas !
Nous, amis sur terre, aimons la nature,
et nous raconter les dernières aventures qui toujours
traitent de la vie, de la vie chaude et enflammée.
Je te raconterai près de l’arbre,
qui te porte, quelque belle histoire d’exquises
trahisons, qui ont porté loin,
qui ont porté loin. Au bout du compte
un destin pitoyable est vraiment préférable, tu le sais,
car ainsi nous avons quelques chances d’être les hommes
que nous sommes, ou alors ce n’est que du vent.
Judas, tu t’es compliqué les choses, on t’a
compliqué les choses, mais il y a quelqu’un, quelque vieux
connaisseur de talents, quelque magicien,
qui sait que paso, à l’ombre du même
jardin que cette nuit.
samedi 10 octobre 2009
Biagio Cepollaro
[ II ]
.....................
maintenant rassemble ce souffle
dense de marais
et dissous-le
dans la lumière…
elle aussi se tourne
et commence à se désagréger
le calendrier
accroché au mur
⎯ nous avons vécu jusque-là
coupés en deux
⎯ il n’y a pas de vie
qui ne couse ensemble
le jour et la nuit…
tout cela nous fatigue
⎯ ce monde
n’est pas fait pour le bonheur
et la barbarie inexorable
avance
à chaque nouvelle dégradation
des coutumes nationales
à la traîne d’un occident
indécis entre extermination
et suicide collectif
distillé
certes avec tout cela on laisse pousser
sa barbe
plus d’un jour et des heures
de sommeil
et la ville dans les yeux
qui se ferment
s’éloigne
[…]
certes tout cela nous fatigue
mais c’est un travail à faire
pas tout seul
⎯ ce n’est pas un travail
à faire tout seul
mais il est à faire
et pas demain
et pas seulement symboliquement
dans les gestes faits à la place
d’autres gestes
mais dans l’action dure
et simple
de ne pas laisser de répit
au cadavre
que nous portons sur nous
*
quand sur les pavés il reste
la vieille peau
nous allons dans les rues
guidés par notre flair
et les lumières sont brouillées
et la ville n’est plus
la même
les odeurs montent des flaques
les restes au milieu de tickets
et de préservatifs dans l’ensemble
des traces
de plastique
de ce qui d’une certaine manière
même sordide
était vivant et que nous
ne pouvons même pas
imaginer
mais c’est au milieu de ce fer
que l’humain
est à développer
ainsi ce matin
qui est un matin de fête
de grève
générale
fêtons ainsi
le mouvement
de l’eau
à la vie on ne peut
demander moins
que d’être vivante
oh oui nous restons saisis
à la vue
de la pente
nous n’aurions jamais
imaginé
que ce qui nous fait sortir
chaque matin
du lit
c’est cette envie
de supprimer la ville
de liquéfier les murs
⎯ comparés à eux
les graffitis
sont encore un ornement.
,, , , , , , , ,, , Lavoro da fare (2002-2005), Poesia Italiana, E-book, 2006.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , ,,, , , , , , , , , , , © les auteurs et CIRCE
jeudi 10 septembre 2009
Marco Giovenale
La maison exposée
Quand il n’y a plus de haies
se déverse la photo des haies.
Témoin, rends le sceau authentique,
fonds la cire. (Depuis le soleil).
Argument et destination.
Mais vers le mur des deux brûlés
sous le chemin de ronde du haut
qui incurve le lierre, potus, l’olivier, trop large
pour l’enlacer, rappelle à l’odorat la trace
humide, les croix de la cage-fenêtre
telles qu’observées par la vitre verte, grasse
alors que peu nombreuses étaient les années du corps
les années du commencement
- là, la cuisine grandit au souvenir
mais la poussière la disperse, la diffuse.
Ce matin cela entre, fait retour avec les langues
de mémoire. Dans le noir des murailles, dans le violet
qui force ou effleure des serrures puis des poutrelles
horizontales de fer, à vide. Il entend
Alors tout sera bien quand nous
qui avons habité (aimé) ici
nous serons tous des noms morts
nous serons tous depuis nos propres
graines – ultime accomplissement –
parfaitement finis, sans restes
dans personne qui aurait
– même non reflétée – quelque parole
[…]
ils n’entrent plus, tout changé, était changé, n’y habitent pas

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , de: La casa esposta, Le Lettere, 2007
, , , , , ,, , , , , , , , , , , , ,, ,, , , , ,, , , , , , , , © les auteurs et CIRCE
dimanche 2 août 2009
Ernesto Calzavara
Certains poètes présentés par CIRCE écrivent aussi dans leurs dialectes respectifs (langue ou dialecte, ici, ne fait pour nous aucune différence). Suivant quelques principes dont on peut se faire une idée en allant dans notre site (art. en ligne "Traduire, une pratique-théorie", avec un ex. d'application à E. De Signoribus), nous en proposons parfois des versions françaises.
S’il n’y avait pas
, , , , , , , , , , , , , , , , , , Se no ghe fusse...
Le chien marche sur les galets.
S'il n’y avait pas le chien
entre moi et les galets
je ne comprendrais pas ce monde, moi
je ne comprendrais pas.
Les poissons nagent dans l’eau
l'eau passe à travers les poissons
les oiseaux volent dans l’air
l’air les traverse...
S’il n’y avait pas les poissons
s'il n’y avait pas les oiseaux
entre l’eau et moi
entre l’air et moi
je ne pourrais pas vivre ici, moi
je ne pourrais pas.
S’il n’y avait pas d’animaux
dans ce désert
je n’y resterais pas, moi
je n’y resterais pas.
, , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , , de : Analfabeto (1979)
, , , , , , , , , , , , , , ; (trad. du trévisan : Lucrezia Chinellato & Sarah Ventimiglia)
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , ,, , , , , , , , , , , , , ,© les auteurs et CIRCE
lundi 6 juillet 2009
Ernesto Calzavara
Parmi ses recueils : Poesie dialettali (1960), Parole mate Parole pòvare (1966), Analfabeto (1979), Le ave parole (1984), Rio terrà dei pensieri (1996). Des résultats indiscutables de sa poésie ont été réunis chez Garzanti, sous le titre Ombre sui veri (1989).
Le chien et le cercle
Le chien aboyait au volume
de l’hôpital nocturne monobloc
qui lui tombait dessus, l’irritant
La masse hébergée
élargie comprimée déchirée
étendue refermée entrouverte
accordéon de pierre
laissait sortir des soupirs malades
par d’asymétriques trous bouches fenêtres
Le chien mordait absorbait dans l’air liquide
ces faibles sons
anonymes infirmes souffles sourds
douleurs englouties
Puis à la lune étrangère
puis au halo de la lune allusive
abrasive, il aboyait furieux
et le CERCLE
, , , O
plus large plus large parfait
des dilatations vocales
équivalait toujours à l’autre
halo vague là-haut dans les cieux
sans l’atteindre jamais.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , de : Le ave parole (1984)
La morte del giorno in paese
La mort du jour au village
Et les hommes fatigués de souffrir
tuèrent sur les routes
le Cochon du Jour
suspendu par les jambes
d’une maison à l’autre
la tête en bas.
La bête avant de mourir
avait hurlé le gosier en sang
toutes les rages de cette sale vie
en détruisant fleurs et feuilles.
Les hommes arrachèrent
de son ventre déchiré
les graines de la nuit
en les éparpillant tout autour
ils se retirèrent dans les briques et les ciments.
Après le dernier souffle
sur la dépouille du dieu-cochon
d’en haut se déroulèrent
les fils du silence.
Des scarabées noir et or
escaladèrent
les cerneaux d’oreilles.
L’âme de la lumière se rendit à celle de l’ombre.
Vagues de sommeil
marée montante
par-dessus tout.
Dans l’obscurité le chuchotement
des Invisibles.
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , de : Analfabeto (1979)
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , © les auteurs et CIRCE
mardi 2 juin 2009
Gregorio Scalise
1.
Che il mondo segua una linea verticale...
Que le monde suive une ligne verticale,
les nuages le font comprendre,
car les choses les plus belles
viennent à nous entre les failles de vent ;
si son esprit pouvait se délier
mais l'évocation est une zone sèche
où s'épuise le langage,
si au cours des siècles
les hommes décident toujours :
l'eau frappe de mille langues
une plage herbeuse
et les objets, réunis à la chose,
savent que les yeux ne suffisent pas
pour conserver un secret.
(Danny Rose, 1989)
4.
Giunge l’eco di una rosa...
L'écho d'une rose arrive
sur les murets peints, tout semble
être une conspiration de la paix
avec un automne solitaire qui s'achève,
et pourtant il faut se méfier du calme,
les yeux essaient de regarder
ce qu'ils ne peuvent voir,
on s'en remet à des gestes rapides,
sûrs, mais les choses reviennent
avec leurs pointes aiguës
et leurs limites indistinctes ;
à présent la lumière vole, puis un nuage,
les mirages ironiques de l'histoire
s'amusent en mille formes
avec une forme unique.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - in Opera-opera, Poesie scelte 1968-2007,
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - - - - - Luca Sossella ed. 2007
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - © les auteurs et CIRCE
mardi 5 mai 2009
De Marchi
Illusion d’optique
Si le balbuzard, ou aigle pêcheur,
naturellement fait ce que l’instinct lui dicte et immobile là-haut
se laisse porter par le vent, puis plane en larges cercles
et, arrivé à fleur d’eau, ride un instant
la surface du lac, en quête de corégones ou de perches
passant et repassant jusqu’à ce que la chance serve son bec ;
si quelqu’un te prête des jumelles
et pendant que tu regardes tout à coup il te semble que l’aigle,
ses larges ailes déployées, s’écrase
contre les balustrades des balcons sur l’autre rive,
presque aussitôt tu sais qu’il s’agit d’une banale illlusion d’optique,
un effet d’aplatissement de la perspective
car en réalité ce qui compte et t’attire
se passe au milieu du lac, n’a rien à voir
avec les demeures patriciennes, le gravillon des allées, les gros bateaux
de plaisance amarrés dans les garages.
Encore du côté de Marina
Là où l’été dernier un lézard fut
la proie ignare d’un jour heureux
tu penses aux amours qui durent plus que les dunes,
à la cigale qui recommence son chant,
tous les ans la même chose.
Au soleil-ombre des pins paraît indemne
des affronts du temps
ton goût féroce pour l’été.
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; Replica, Bellinzona, Casagrande, 2006
, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , © les auteurs et CIRCE
lundi 6 avril 2009
Lidia Riviello
Elle a publié, entre autres, La metropolitana (Signum, 2001) et Rhum e acqua frizzante (G. Perrone Ed., 2005). Prix Antonio Delfini 2007 avec le recueil Neon 80, dans lequel le néon incarne la non-lumière, évoquant les « non-lieux » décrits par Marc Augé, d’une société où règne l’artificiel : par ce « gaz noble, inerte, presque incolore » déclare-t-elle, « le soleil s’éteignait».
La terre du néon, année quatre-vingt
[…]
C’étaient des tempêtes plutôt que des feux d’artifice
c’étaient des tempêtes
qui se sont abattues sur nos raisons.
Dans les années néon il n’y avait nulle part de sole mio,
nous cachions le vrai-faux dans les disques
car on n’aimait plus depuis des siècles et
des biens comme le plastique et le satin étaient dissimulés,
on économisait sur le caoutchouc
les aiguilles luisaient et l’hallucination
était l’unique substance du père.
On conservait les matériaux du recyclage
corrodés dans les grandes villes
avec de l’herbe et de l’ammoniaque, gardés dans des emballages - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - brillants.
Eh oui, fallait bien qu’ils gèlent
pour construire le nouvel esprit sauna.
Une fois prête la génération des faiseurs de néant,
à pieds et à roulettes on allait
dans les années quatre-vingt punk et cerise, les âmes
n’étaient qu’aux filles, tant de blond violentait le goût
et l’arrière des culottes était compromis par
les stupides coutures du marché aux puces.
Rien de très original, vu de derrière.
[…]
La génération précédente ne fit plus peur
nous en avions épié les mouvements dans le bois, puis acquis
leur pâleur, le nonchalant sentiment
d’appartenance aux oasis de ciment.
Et dire que nous pensions vaincre
la misère avec la danse, comme on fait dans
les terres ignorées par l’eau et les banques du sperme.
Quand le néon s’éteignit
Quand le néon s’éteignit
nous nous sommes retirés dans l’obscurité en action noire
sans eau minérale sans sel et sans faire
convaincus que de la ville d’en face
on nous rendrait le soleil.
Et nous avons soufflé deux ou trois projets d’aube adriatique
quand le volume des empreintes réduisit nos traces
à des chemins d’IKEA.
Alors, au contrôle social nous avons antéposé
cette étrange forme initiale, ce recommencement.
Pas de néon qui se soit éteint sans raison
pendant la journée,
et quand les puissants de la terre nous obligèrent
à mettre de l’ordre dans le vide malpropre
alors nous avons fait exploser les lampes à huile conservées
dans les meubles vitrés des présidents.
Mais l’explosion fit naître un silence
formel, comme un parfum gucci, ou simili.
Quand le néon s’éteignit nous étions peu nombreux et pris
par d’objectives spéculations.
Protège-rien et les humidificateurs pour la veille, car nous devions
entrer encore dans la vitesse de la lumière, dans l’étau
Et ils n’ont pas voulu en 1980 nous écouter chanter
ni emprunter des pseudonymes de décadence et donc nous avons - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - résisté à la chute
avec la vidéo, faits de vidéo, nouveaux et originaux
chats bottés, action immédiate.
Tels des vampires, nous survivons seulement à coups de somnifères, et
en volant tels des flamants roses.
À force de rester intensément dans le bois le marais
s’assèche.
Nous fûmes éteints avec le néon, en fait.
Disais-je.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - De : Neon 80, Zona ed. 2008
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - - - - - - -- - - - - © les auteurs et CIRCE
vendredi 6 mars 2009
Enrico Testa
dans des temps concordants, l'été,
bien qu'en des lieux différents
du même Apennin,
nous avons essayé, enfants,
de remonter les torrents
pour en trouver la source.
Il y avait une obscurité de sous-bois,
des fougères, un vert à peine plus intense,
un peu de mousse
et des pierres ruisselantes
et rien d'autre :
la déception de l'origine
elle suit un mouvement fluide et vertical
cette montée de la colline
tournant après tournant
vers le soir.
Même les assassins disent
que le vent de septembre est doux :
il nous pousse
parmi les oliviers et les cyprès
et il nous défend
jusqu'à l'anse neutre du balcon
qui sous le ciel gris clair
s'ouvre face à la mer.
Mais à présent, dans le noir,
nous sommes encore en quête
de ton aide :
nous t'appelons du jardin
cachés, par jeu, derrière le mur
sur le terre-plein de la voie ferrée
longeant le bois
les troncs des acacias
sont noirs après la pluie
comme des traits d'encre qui s'écartent.
Pâques est désormais le papier d'argent,
poussiéreux et pâli,
des oeufs, suspendu
aux branches des cerisiers.
Rubans qui miroitent dans le vent
et devraient tenir à distance
le peuple envahissant des merles
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . .(Pasqua di neve, Einaudi, 2008)
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .© les auteurs et CIRCE