porta

porta
Daniela Iaria, "Attraverso la porta bianca-fiume", 39x41 cm, 2004.

dimanche 29 mars 2020

Au-revoir, Mario



In memoriam Mario Benedetti
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« Pauvre gloire humaine,
quels mots avons-nous encore pour nous ? »
(Umana gloria, Mondadori 2004)
Le poète italien Mario Benedetti, l’un des meilleurs de sa génération, vient de s’éteindre dans une maison de repos de Vho où il était hospitalisé depuis un accident cérébral consécutif à un infarctus. Né à Nimis (Frioul) le 9 novembre 1955, enseignant, traducteur de Michel Deguy, Benoît Conort, Yves Bonnefoy, il avait obtenu le prix Brancati en 2014 pour Tersa morte, Milan, Mondadori, 2013 (voir : https://www.recoursaupoeme.fr/avec-une-autre-poesie-italienne-une-lande-imprononcable-peut-etre/ ) et le prix Villalta en 2018 pour l’ensemble de son œuvre (Tutte le poesie, Milan, Garzanti, 2017) ; il est mort à Piàdena, atteint du Covid19, ce 27 mars 2020.  
Avec la regrettée Joëlle Gardes, Jean-Charles Vegliante avait proposé un large choix bilingue des Poesie à divers éditeurs français. Sans succès (il y aurait à dire, une autre fois, sur la prudence des éditeurs français pour tout ce qui n’est pas évidemment rentable). Ce court poème, traduit par son ami Vegliante, en guise de salut. Au revoir, Mario :



Ce qu’est la solitude.

J’ai pris avec moi des vieilles choses pour regarder les arbres :
un hiver, les dernières feuilles sur les branches, un banc désert.

J’ai froid comme si je n’étais pas moi.

J’ai pris un livre, je me dis que je me suis pensé dans un livre
comme un homme avec un livre, naïvement.
On aurait dit un jour lointain, ce jour, pensif.
Il me semblait que tous avaient vu le parc dans des tableaux,
ce Noël dans des récits,
les gravures sur ce parc comme son épaisseur.

Ce qu’est la solitude.

La femme a étendu la couverture sur le plancher pour ne pas salir,
elle s’est étendue en tenant les ciseaux pour se frapper à la poitrine,
un marteau parce qu’elle n’avait pas cette force, une grande obscénité.

Je l’ai lu sur une page de journal.
Excusez-moi, vous tous. 


                                                             (Umana gloria, 2004)  



© CIRCE, et les auteurs



2 commentaires:

Anonyme a dit…


GRAZIE

Circe a dit…

Voir aussi, à présent :
http://poesia.blog.rainews.it/2020/04/il-pathos-di-una-retorica-antica/
(merci à RAI-blog poesia)