porta

porta
Daniela Iaria, "Attraverso la porta bianca-fiume", 39x41 cm, 2004.

mardi 1 mai 2012

Cristina Vidal Sparagana


Cristina Vidal Sparagana est née à Rome en 1957. En 1990 elle déménage au Chili où elle dirige l'Institut culturel Italien de Santiago et donne des cours de littérature Italienne auprès de l'Université de Valparaìso. Rentrée à Rome, elle gagne le Prix Montale Inediti (2002) et le Prix George Byron (2003). Elle travaille à présent en tant que traductrice de l'espagnol pour la revue « Poesia », dirigée par Nicola Crocetti. Elle a publié Il demone gentile (éd. Del Giano, avec préface de Plinio Perilli, 2006), Biografia della polvere (éd. Pascal, 2011) et Solo la terra (éd. Passigli, 2011). 


Hinterland 


Tu as du vent sur les tempes,
sur les cordages et les prés
aimable terre,
terre
de cheveux et de soleil
étalés entre le faucon et la cloche,
terre de nudités et de dépassements clairs,
légèreté de silencieuses migrations
de tempêtes et de trains écroulés,
rondeurs de nouvelles lunes inquiètes,
de seins lourds de mouches, églises,
de douleur infinie,
de brèves tombes ensommeillées, loups
délicats et en harmonie,
monuments de jazz, âpres couchers de soleil,
crucifix de sable transversal,
d’anciennes copules et d’exécutions.

Saturnales d’histoire et de fandango.
Terre brisée,
sans continent,
moignon de castagnettes et de tonnerres
noyé dans les flots marins,
renversé
comme celui d’un mort sans nom.

Calendrier liturgique, solaire,
atelier de couture parfumé de lotions,
café bourdonnant,
chanson tragique
de cin cins bruyants, de canons
échoués sur le quai, comme des pieuvres.

Tonnelle de chardons et de vagues,
trémolo sombre de misère, le temps
a violé
tes reins et tes hanches.

Ombre de terre et eau,
rapide de morts,
rêve figé
rêve américain.

Géographie aphone,
terre labourée,
girouette de grillons et de citronniers.

Femme du soir tombant,
femme d’horloges
aux aiguilles friables.
Femme.

Châle andalou de moustiques. Jupe
de ruches et de pigeonniers,
de chenils.

Terre de tessons de bouteille.
Noria
d’estuaires luxuriants.

Trame d’ave maria pétrifiés,
port de sang, port d’aspersoirs
et d’agenouilloirs tachetés.

Nous nous couchons en toi, comme sur les genoux
d’une petite mère agonisante,
nous déchirons ton voile monacal
et ressuscitons avec tes éventails
de garce en haillons, portuaire.

Tu es terre et femme. Tu es
un champ brûlé,
tour tuberculeuse,
chantier
de cristaux de roche et de méduses.

Tu as des fleurs crochues et des étoiles de tentacules
dans l’enclume verte de tes mers.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . © les auteurs & CIRCE

1 commentaire:

Audrey Paperblog a dit…

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