porta

porta
Daniela Iaria, "Attraverso la porta bianca-fiume", 39x41 cm, 2004.

lundi 1 décembre 2008

Antonella Anedda

DIALECTALES...

Certains poètes présentés par CIRCE écrivent aussi dans leurs dialectes respectifs (langue ou dialecte, ici, ne fait pour nous aucune différence). Suivant quelques principes qui n'engagent – par contre – que moi, et dont on peut se faire une idée en allant dans notre site (art. en ligne "Traduire, une pratique-théorie", avec un ex. d'application à E. De Signoribus), j'en propose ici des versions françaises. (JcV)


Attitos

Thrènes

1.
Rends-moi ce fils tien
terre vêtue de noir,
face de pluie. Il m'appelle
mais tu t'abats et tranches.
Je ne puis répondre
pleine de boue et d'épines.

2.
Tu la vois, bougie, cette ruine
dans les objets qu'il ne touche plus,
les ciseaux à tondre rouillés.
Je fouille dans la cendre,
je ferme à demi la porte,
mais tu l'entends l'ange qui vient
et s'assoit près de l'âtre avec les chiens.
Ton époux n'y revient pas, il dit
qu'il est dans le cercueil.
Alors laisse-moi dormir
les lèvres contre son bois
jusqu'à la grand messe de Pâques
notre dame de lumière en croix.

3.
Au petit jour il a fermé les yeux
il a désiré en vain
en un seul cri muet.
Tu tardes trop à venir, vent,
sa face de mort
est feuille immobile et froide.
Je ne veux qu'être seule avec lui
aspirant le venin
qui m'est resté dans le coeur.

4.
Sa voix s'est tue,
il ne dit plus : "Allons".
Elle crisse comme craie
qui vrille les dents.
Il a senti la mort
lui passer un fer brûlant
entre oreille et tempe
pour dispenser sa douleur
à qui ne peut guérir.

5.
Il est parmi des étrangers
dans l'enfer des âmes
prématurées. Il murmure
mais nul ne répond
car c'est notre châtiment
ces vols tout autour
pleins d'une voix de pluie
dans leur gorge.

6.
L'âme qui s'abaisse
en vol dans la mémoire
de cercle en cercle de pierre
noircit comme l'agneau
cuit sous la cendre.

7.
je voulais passer une éponge métallique sur sa poitrine
le blesser jusqu'au sang comme un christ
pour croire qu'il revivait

8.
A' présent la vie ralentit. L'herbe
ne crépite ni la mer ne brûle.
la bise me consume, la porte grince,
le bois est un astre de douleur.
Lointaine est la terre
où l'époux s'en est allé.
Les instruments font tinter
la mémoire, la souris ronge
telle une écharde de gel.
Ah, épousé, manteau de nuit,
moi brebis devenue sauvage.
Chante dans cette solitude
le printemps de Logudoro.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (tr. du sarde J.Ch. Vegliante)
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1 commentaire:

rechab a dit…

Bonjour, j'ai édité récemment sur mon blog poétique "art et tique et pique ..", un texte de Antonella Aneda...: voir http://ecritscrisdotcom.wordpress.com/2012/06/01/antonella-anedda-avant-le-diner/ ... je fais également référence à votre anthologie italienne... merci